Burn-out : quand le travail épuise

23

OCT

Commenter
Entre 7% et 10% des salariés français seraient concernés par le burn-out. C’est l’estimation faite par Technologia, cabinet d’évaluation et de prévention des risques professionnels. Ce syndrome d’épuisement professionnel est d’ailleurs pris au sérieux par le Ministère du Travail, puisqu’un groupe de travail a été mis en place en mars 2014 avec pour mission de faire des recommandations en termes de prévention.

Comment définir le burn-out ?

Décrit pour la première fois dans les années 70 par le psychanalyste Herbet Freudenberger (qui abordait son propre cas), le syndrome d’épuisement professionnel ou burn-out a été véritablement conceptualisé par la psychologue Christina Maslach. Elle constate notamment que le syndrome ne touche pas seulement les personnels soignants mais d’autres professions. En effet, même si médecins, agriculteurs, enseignants, commerçants, et chefs d’entreprises semblent faire partie des plus touchés, chacun, cadre ou non, peut être un jour confronté au burn-out.

La personne concernée est stressée, surinvestie, compense ce qu’elle croit être un échec professionnel par une présence de plus en plus importante au travail. Epuisement émotionnel, dépersonnalisation, désengagement dans la relation à l’autre et sentiment de non-réalisation de soi finissent par survenir et caractérisent le syndrome.

Comment le détecter et le prévenir ?

Les manifestations du burn-out sont multiples : physiques (fatigue, troubles du sommeil, douleurs articulaires…), émotionnels (anxiété, irritabilité…), psychiques (incapacité à prendre des décisions….) ou encore intellectuels (problèmes de concentration et de mémoire…).

Des signes avant-coureurs peuvent être décelés et alerter le management et l’entourage : excès de cigarettes, agressivité, négligence vestimentaire, sentiment d’incompétence ou encore cynisme. Mais les détecter n’est pas toujours simple car leur apparition est progressive et la personne en souffrance est souvent elle-même dans le déni.

Le rôle du manager est dès lors important. Il doit pouvoir ménager des temps d’échanges avec les collaborateurs, être attentif au travail donné, à l’organisation du travail mise en place, identifier le présentéisme chez certains salariés mais aussi les problèmes relationnels entre collègues. La question de la reconnaissance professionnelle est aussi centrale car le sentiment de dévalorisation joue fortement dans la spirale qui mène au burn-out. L’entreprise doit veiller, par exemple, à ce que certains salariés n’éprouvent pas un sentiment d’injustice.

D’autres professionnels ont aussi un rôle à jouer dans la démarche de prévention du burn-out : médecins du travail, psychologues ou encore consultants spécialisés dans les risques psycho-sociaux. Sans oublier les salariés eux- mêmes, qui peuvent, par le soutien qu’ils s’apportent en dehors de toute cellule de prévention, réconforter un collègue en souffrance.

En collaboration avec Delphine Guidat

D'autres articles sur le thème des risques psycho-sociaux :

Burn-out : quand le travail épuise
L’inadéquation des compétences coûte cher à la société
Le présentéisme : un mal français ?

Vous souhaitez sensibiliser vos managers aux RPS ?

>> Découvrez le programme pour prévenir et gérer les risques psychosociaux

Laisser un commentaire

Veuillez patienter s'il vous plait