Evaluation et réforme de la formation professionnelle

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DEC

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Il est courant de dire que la France est en retard en termes d’évaluation des formations, notamment par rapport aux pratiques des entreprises anglo-saxonnes.La réforme de la formation professionnelle, issue de la Loi du 5 mars 2014, a amené, entre autres, la fin de la contribution légale et fiscale – participation au financement.

Ce qui devrait amener les entreprises à définir plus précisément leurs critères de choix de prestataires, notamment en termes de qualité de l’offre, puis mettre en place une politique d’évaluation de la formation. Mais qu’en est-il dans la réalité ?

Le retard des entreprises françaises en matière de formation professionnelle

Il est courant de dire que la France est en retard en termes d’évaluation des formations, notamment par rapport aux pratiques des entreprises anglo-saxonnes. Certaines études récentes viennent  appuyer ce constat. Ainsi selon le CEREQ*, en janvier 2015, seules 66% des entreprises « formatrices » évaluent la satisfaction des salariés envoyés en stage.  Une autre enquête, réalisée cet automne auprès des stagiaires eux-mêmes, montrait que 45% d’entre eux n’avaient reçu aucun suivi de la part de leur employeur. Moins de 10% avaient bénéficié, à l’issue de leur formation, d’un entretien formel auprès de leur manager ou du responsable des ressources humaines.

L’étude du CEREQ montre une évolution positive pourtant, rappelant qu’en 2005 l’évaluation ne concernait que 46% des entreprises « formatrices ».Il semble cependant que, pour l’instant, la réforme de la formation professionnelle n’ait pas amené une évolution dans les pratiques des professionnels des ressources humaines et des responsables formation.

Les attentes vis-à-vis des organismes de formation

Les entreprises, et plus particulièrement les responsables de formation qui sont en première ligne pour la mise en place de la réforme attendent, en revanche,  un soutien de la part de leurs prestataires. C’est en tout cas ce qui ressort  d’interviews réalisées, en septembre,  par la revue Entreprise et Carrières auprès de membres du GARF**.  Pour eux, les organismes vont devoir leur proposer :
  • conseil et accompagnement dans l’élaboration d’une politique pertinente d’évaluation de fin de formation,
  • analyse des retours sur investissements.

La question du transfert des connaissances et des compétences acquises va devenir, elle aussi, centrale pour les services des ressources humaines.
Les besoins exprimés se font aussi sentir en amont. Les responsables de formation ont, en effet, des attentes en termes de définition d’objectifs clairs.

Les pratiques à mettre en place

Pour autant, les entreprises vont aussi devoir prendre en charge cette évaluation et réfléchir aux indicateurs à mettre en place pour un véritable suivi de la formation.

Au-delà de l’évaluation, c’est aussi une véritable analyse de leurs besoins et de leur politique d’achat que les directions des ressources humaines vont être amenées à mettre en place.  Cette recherche de performance est déjà courante dans les grandes entreprises, qui estiment qu’il ne s’agit pas là d’une conséquence de la réforme, mais plutôt une réponse à la crise de 2008. Les entreprises de taille moyenne vont sans doute suivre cette tendance et entrer dans une logique d’évaluation de la formation.

*CEREQ : Centre d’Etudes et de Recherches sur les Qualifications
** GARF : Groupement des Animateurs et Responsables de la formation

Article écrit en collaboration avec Delphine Guidat

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