Formation : 76 % des Français n’ont jamais utilisé le DIF

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JAN

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Businessman sitting on minute hand with cup of coffeeUne enquête de l’Afpa révèle que les actifs français font de la formation professionnelle une priorité. Un tiers d’entre eux en a suivi une au cours des 12 derniers mois, dans la majorité des cas à la suite d’initiative personnelle. Quand ils s’engagent dans une démarche de formation, 85 % des répondants souhaitent acquérir ou développer des compétences et 55 % veulent obtenir une qualification. Malgré cela, le DIF (Droit individuel à la formation), entré en vigueur il y a dix ans, est resté très largement sous-utilisé : 76 % des actifs n'en ont jamais bénéficié. C’est même le cas de 87 % des demandeurs d’emploi. En revanche, d’autres dispositifs ont connu plus de succès, comme par exemple le plan de formation établi par leur entreprise (pour 45 % des salariés) ou les stages financés par Pôle emploi ou la région (63 % des demandeurs d’emploi).

Le DIF, un bilan modeste

Seuls 4,9 % de l’ensemble des salariés travaillant dans une entreprise d’au moins 10 salariés ont bénéficié du DIF en 2012. Quasiment 8 % des salariés des très grandes entreprises y ont eu accès en 2012, soit quatre fois plus que ceux des petites entreprises (1,8 %). Cette faible mobilisation globale du DIF se conjugue avec une durée moyenne de formation réduite : 22,5 heures en 2012. « Le DIF n’a représenté que 7,5 % des heures de formation réalisées en 2010 par salarié et par an, et moins d’une entreprise sur quatre (24,2 %) a utilisé le DIF en 2012 », conclut l’étude.

Une justification du CPF ?

Plusieurs études portant sur les résultats du DIF sont rendues publiques au moment du lancement du CPF. Hasard du calendrier ou justification argumentée de l'évolution du DIF en CPF ? Sans justifier à tout prix un dispositif qui a montré ses limites, on peut accorder au DIF le bénéfice d'avoir généralisé l'idée que chacun doit se préoccuper de sa formation. Cependant, ses limites provenaient en partie du fait qu'il n'était un droit ni opposable, ni individuel, car attaché au salarié et non à l’individu. De plus, son champ d'action s'étendait au bilan de compétences et à la VAE. Mais dans la mesure où la décision finale revenait à l’employeur, sans réelle justification, comment le DIF aurait-il pu être un instrument d'équilibre ? Sa mise en oeuvre complexe n'a pas non plus contribué à sa généralisation. Le compte personnel de formation arrangera-t-il la situation ?

Source : “Le droit individuel à la formation : les enseignements d’une étude qualitative auprès des acteurs”, Bénédicte Galtier, Document d’études Dares n° 188 de janvier 2015.

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