Le présentéisme : un mal français ?

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FEV

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Alors que dans les pays d’Europe du Nord, rester tard au travail est synonyme d’inefficacité, on l’interprète souvent en France comme un signe d’engagement et de motivation du salarié. Or, à l’heure où les entreprises se préoccupent de plus en plus de leur responsabilité sociétale, elles se trouvent confrontées à un nouveau phénomène : le présentéisme.
Quels en sont les signes ? Comment peuvent-elles y répondre ?

Présentéisme : de quoi parle-t-on ?

Souvent opposé à l’absentéisme, le présentéisme concerne de plus en plus de salariés. Il s’agit pour certains d’être présents à leur poste de travail alors qu’ils ne sont pas en complète possession de leurs moyens, physiquement ou psychologiquement.

Le présentéisme se traduit également par le fait de rester tard le soir à son bureau, alors que la quantité de travail réel ne le justifie pas.

Stress, crainte de perdre son emploi – notamment en période de crise - pression entre collègues, objectifs trop élevés, font partie des raisons invoquées pour expliquer ce phénomène. Sans parler des salariés qui ont le sentiment de devoir prouver leur motivation auprès de leur hiérarchie, espérant ainsi influer sur leurs évaluations annuelles.

Quelles sont les conséquences du présentéisme pour les entreprises ?

Maux de tête, de ventre, de dos, allergies sont souvent tus. Pourtant, détecter ces phénomènes est primordial pour les entreprises car ils peuvent avoir des conséquences, que ce soit en termes d’efficacité, de coût ou de réputation.

De nombreux signes permettent de repérer les collaborateurs atteints de présentéisme : baisse de concentration et de productivité chez des employés performants, retards ou erreurs inhabituels. Le risque de contagion aux autres collaborateurs, de baisse de qualité et leurs conséquences sur la productivité d’une équipe ne sont pas à négliger et doivent aussi servir d’alerte.

Comment prévenir le présentéisme ?

Alors que les entreprises travaillent à la mise en place de la démarche RSE*, la détection du présentéisme devient un enjeu essentiel. Ces politiques doivent en effet permettre la prise en compte, dans la gestion des ressources humaines, du bien-être et de la santé au travail, de la diversité, de l’égalité professionnelle ou du handicap.

Il devient crucial pour l’employeur confronté au présentéisme de rester à l’écoute des salariés en souffrance, de travailler à fixer de nouveaux objectifs – voire diminuer la charge de travail – ou encore d’éviter les réunions tardives, pénalisant notamment les femmes, souvent en charge de la gestion de la vie familiale.

Au-delà de ces solutions de terrain, les entreprises peuvent aussi mettre en place des accords. Par exemple, la direction de la SNCF, en collaboration avec les syndicats, a mis en place des actions pour sensibiliser ses managers à ce phénomène.

L’employeur a tout à y gagner. Favoriser l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle, par exemple, permet aux salariés de se sentir écoutés et contribue à diminuer les tensions et le stress au sein d’une équipe.

*RSE = responsabilité sociétale des entreprises

En collaboration avec Delphine Guidat

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